Les marchés publics : de plus en plus dynamiques et populaires

Publié par: Gestion Marché Public Chambly

Les marchés publics : de plus en plus dynamiques et populaires

Depuis quelques années, les consommateurs se familiarisent avec une nouvelle façon de s’approvisionner en aliments frais, par la fréquentation des marchés publics. Même si le mois de septembre a sonné, il est encore temps de découvrir les sites de la Rive-Sud; certains d’entre eux accueillant les visiteurs jusqu’en octobre.

Le marché public de Beloeil, inauguré cette année, a terminé sa première saison, le dimanche 11 septembre. Par contre, le Marché du Roussillon champêtre de Saint-Constant ouvre ses portes tous les jeudis, jusqu’au 6 octobre. Les marchés champêtres Saint-Basile-le-Grand et du Bassin de Chambly se font visibles les samedis jusqu’au 17 septembre et 8 octobre respectivement. De son côté, le Marché d’été de Saint-Lambert demeure actif les jeudis, jusqu’au 15 septembre et celui de la Pointe-Valaine à Otterburn Park les dimanches jusqu’au 9 octobre.
Plusieurs nouvelles idées

Les marchés publics de la Rive-Sud ont laissé place à un lot de nouvelles idées durant la saison estivale. Au Marché public de la Pointe-Valaine à Otterburn Park, les organisateurs ont adopté une approche différente. Ils misent beaucoup sur la diversification de l’offre du marché. Les producteurs agroalimentaires côtoient les antiquaires. Des excursions à saveur touristique sont également proposées sur la rivière Richelieu. À sa troisième année, le marché a attiré près de 650 personnes la journée de son ouverture.

Les bénévoles derrière le Marché du Roussillon champêtre de Saint-Constant ont aussi innové à leur seconde saison. Afin d’accommoder la clientèle, ils ont prolongé la saison sur 10 semaines. Ils se sont aussi unis au Conseil intermunicipal de transport pour offrir gratuitement, aux résidants, le déplacement en autobus jusqu’au marché public.
Surprise et déception

La plus belle surprise revient au marché public de Beloeil. Au total, 2000 personnes étaient attendues à l’ouverture, à la mi-juillet, les organisateurs en ont reçu 2800. De toute évidence, l’instauration d’un marché public dans cette ville constituait un besoin. Espérons que l’engouement sera aussi fort l’été prochain. Beloeil doit cette première aux bénévoles du marché de Saint-Basile-le-Grand qui voient à la gestion des lieux.

Seul bémol, le Marché public Lionel-Daunais à Boucherville. Trois ans après l’ouverture, les lieux demeurent peu achalandés. Les producteurs comme les visiteurs manquent à l’appel. L’inquiétude des producteurs est justifiée; le coût de location d’un kiosque s’élevant à 2000 $ par mois. L’administration municipale compte bien faire sa part en jumelant d’autres infrastructures au marché public, dont un kiosque de vente de boissons rafraîchissantes et un cinéma en plein air. L’implantation de ce tout petit marché public de 5 kiosques a nécessité des investissements de 2 millions $. À Boucherville toujours, le marché de la rue de Montbrun continue à connaître du succès, des années après son inauguration.
474 millions $ d’achats en 2010

Les marchés publics ont donc la cote sur la Rive-Sud, mais aussi partout au Québec. On en compterait 90, dont 71 sont membres de l’Association des marchés publics du Québec (AMPQ). Depuis 2007-2008, le nombre de sites a augmenté de 38,5 %, passant de 65 à 90, en moins de quatre ans.

À quoi doit-on ce gain de popularité? La directrice générale de l’Association, Solange Fullum, parle du phénomène de l’achat local. «Les gens recherchent une saine alimentation, ils ont un intérêt pour les produits du terroir et les produits fins, la traçabilité, la recherche des plaisirs d’achat et de découvertes», dit-elle. Les campagnes de promotion de l’achat local, présentent dans les médias sous plusieurs formes, ne sont certes pas étrangères à cet engouement. L’implantation, en 2008, de la Semaine québécoise des marchés publics, qui se tenait cette année du 20 au 28 août, vient aussi renforcer cette tendance.

Le secteur des marchés publics demeure très lucratif. En 2010, les habitués ont dépensé 474 millions $ dans l’ensemble des sites du Québec. Lors de leur passage dans l’un ou l’autre des marchés, ils ont effectué des achats dans les commerces environnants. Les retombées économiques sont estimées à 322 millions $. Les marchés publics génèrent à eux seuls 5412 emplois.
L’avenir des marchés publics

La directrice générale de l’AMPQ demeure toutefois prudente devant l’enthousiasme des intervenants. Si des marchés publics font leur apparition, d’autres ferment leurs portes faute de producteurs. «Il faut les impliquer dès le départ, prévient-elle. C’est difficile de les recruter.»

Pour pallier la situation, l’Association a mis sur pied, en 2010, un programme de jumelage visant «à informer les producteurs des réalités de commercialisation en marché public». Au cours de la première année, la fromagère Gisèle Dallaire de Chambly s’est d’ailleurs prêtée à l’exercice. Elle a partagé son savoir-faire avec un autre producteur.

Le secteur des marchés publics se porte bien; les intervenants se prennent en main et des organismes d’entraide gravitent autour des bénévoles, en guise d’appui. Une question demeure en suspend, toutefois. Pour assurer une longue vie aux sites actuels, devra-t-on mettre un frein à ces nouveaux marchés qui poussent comme des champignons?


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